Dans tous les rapports annuels, le Conseil National de Productivité (CNP) n’a cessé de souligner l’importance de prendre les mesures de politique économique pour soutenir la croissance de la productivité et contrecarrer la tendance à l’affaiblissement des dernières décennies. La croissance de la productivité est, en effet, l’élément essentiel pour assurer la croissance économique dans une société qui doit gérer le vieillissement de sa population. La croissance économique n’est pas une fin en soi mais une condition nécessaire pour assurer la soutenabilité des finances publiques et donc de notre système social.

Le dernier rapport sur le coût du vieillissement (Ageing Report 2024) a clairement montré l’impact sur les finances publiques de la croissance de la productivité en réalisant une étude de sensibilité des résultats à l’hypothèse concernant la productivité totale des facteurs (PTF). Une diminution de 0,2 point de pourcentage du taux de croissance vers lequel la PTF belge converge à long terme (de 0,8% à 0,6%) fait passer les dépenses publiques belges liées au vieillissement de 16,2% du PIB à 17,3% du PIB à l’horizon 2070.

Avoir une projection réaliste de la croissance de la productivité du travail, et en particulier de la PTF, sur un horizon long (T+50 dans le cas du rapport sur le coût du vieillissement) est donc particulièrement important pour permettre une planification budgétaire qui soit équitable d’un point de vue intergénérationnel. En effet, opter pour une vision trop optimiste de notre futur implique des efforts budgétaires actuels trop faibles et une charge alourdie pour les générations futures. A l’opposé, opter pour une vision trop pessimiste de notre futur conduit à accentuer de façon excessive le préfinancement des pensions au détriment du niveau de vie de la population actuelle.